bruges // day 2


Le petit déjeuner à l’hostel est très correct, et je passe un bon moment à faire connaissance de l’une des filles qui partage ma chambre. Cheveux et dents brossées, je suis prête pour ma deuxième et dernière journée dans cette ville féerique. Comme tous les mercredis, la place Markt organise un marché de nourriture. Fruits, légumes, fromages, charcuteries, patisseries, fleurs...tout y est. Alors que je me faufile entre les stands et les clients, je me rend compte à quel point les marchés me manquent. Certes, on trouve aujourd’hui de nombreux marchés en Amérique du Nord, mais pour une raison que je n’arrive pas à identifier, ils ne sont pas tout à fait pareils. Un peu nostalgique, Victoire?





Je sais que je ne suis pas fan des attrapes-touristes, mais je ne peux résister de visiter Choco-Story, le musée de chocolat de Bruges. Et puis, même si le musée lui-même s’avère un peu naze, je me dis que j’aurais au moins l’occasion de goûter à plusieurs échantillons, donc tout ne serait pas perdu. J’achète un ticket combiné pour Choco-Story et le Frietmuseum, que j’ai l’intention de visiter l’après-midi. J’apprend énormément de choses sur le chocolat! Certes, ces infos ne me serviront pas beaucoup dans la vie de tous les jours, mais elles ne sont néanmoins pas complètement inutiles (j’ai réussi à placer quelques ‘fun facts’ dans des conversations depuis mon retour!). Voici quelques uns des faits qui m’ont le plus marquée:

  • La preuve la plus ancienne de consommation de cacao date de -2000 avant J.C. En effet, la présence de cacao dans les boissons a été constatée dans des vases pré-Olmèques dans la région de Veracruz et dans des vases Mokayas dans la région de Soconusco au Mexique.
  • Au Mexique, la fève de cacao était rare. Il n’est donc pas étonnant qu’elle soit devenu une monnaie d’échange au début et une monnaie à part entière par la suite. On pouvait acheter un lapin pour 10 fèves de cacao, une grande tomate pour 1 et un esclave en bonne santé pour 100, par exemple.
  • La Côte d’Ivoire est le plus grand producteur de cacao du monde (35% du cacao du monde).
  • Les dames espagnoles, qui avaient émigré au Mexique, raffolaient tant de la boisson chocolatée qu’elles ne cessaient d’en consommer. Elles s’en faisaient même servir lors de cérémonies religieuses. Le va-et-vient des servantes était devenu tellement gênant que l’évèque de Chiapas interdit sa consommation pendant les messes, ce qui conduit à la désertion des égliges. Ironie du sort: l’évèque meurt à cause de poison versé dans sa boisson au cacao.

Et pour finir, voici la recette de chocolat chaud de Diderot et d’Alembert, trouvée dans l’Encyclopédie:
  • 4 cuillères à soupe de chocolat
  • 2 cuillères à soupe de sucre
  • 3 pincées de cannelle
  • 1 oeuf
  • Puis de l’eau et du lait que l’on chauffe au bain-marie
  • à la fin on ajoute une goutte de fleur d’oranger

Bien qu’étant une attraction très touristique, le Musée Choco-Story n’a rien à se reprocher. Après tout, on en ressort non seulement avec le cerveau rempli de nouvelles connaissances, mais aussi l’estomac plein de délicieux échantillons de chocolat distribués au début, au milieu et à la fin de la visite!





A midi, je rejoins une visite guidée gratuite qui part de Charlie Rockets, un hostel non loin du mien. Notre guide, Ari, une jeune vénézuelienne très sympa, nous apprend beaucoup sur l’histoire de Bruges. Par exemple, elle explique que les dates inscrites sur les façades de nombreuses maisons ne correspondent pas à leur année de création, mais à l’année de leur dernière rénovation. Cependant, la plupart de ces bâtiments ont été rénovés beaucoup plus récemment que la date indiquée - la ville de Bruges préfère en effet capitaliser sur son charme historique que de mettre des dates plus récentes (“2008” paraît nettement moins impressionnant que “1615”).

Ari entreprend de nous faire goûter aux trois fièrtés culinaires de la Belgique: le chocolat, la gauffre et la bière. (Ce palmarés n’inclut pas les frites, mais je ne pose pas de question là-dessus - elle doit savoir de quoi elle parle.) Ainsi, nous visitons en premier un magasin de chocolat artisanal qui est tenu par la même dame depuis 29 ans. Celle-ci nous accueille et nous laisse déguster son chocolat maison pendant qu’elle explique les produits de la boutique. Ensuite, nous avons chacun droit à un échantillon de gaufre de liège. J’apprend aussi la différence entre les deux types de gaufres: celles de liège et celles de Bruxelles. La vrai gaufre de liège se mange nature, sans sauce ni toppings, car sa pâte n’a pas la même composition. La gaufre de Bruxelles est moins dense et sucrée, ce qui explique pourquoi il est recommandé de l’accompagner de chocolat, de fruits ou de glace (comme celle que j’ai mangée au Chalet Robinson, par exemple).

Avant de faire une pause alcholisée au Musée de la Bière, Ari nous montre Staminee de Garre, la rue la plus étroite de Bruges. Au fond, son célèbre bar vend des bières ayant un taux d'alcool allant jusqu’à 11%! On comprend donc pourquoi les clients sont limités à une consommation de trois verres de bière: après le premier, ils connaissent tout le monde dans le bar; après le deuxième, ils dansent sur les tables, et après le troisième, ils sont si agités qu’il faut les mettre dehors!




Après un grand merci à Ari pour cette belle visite de la ville, je m’aventure au nord de la ville pour aller voir Onze Lieve Vrouw van Bijstand, un autre couvent. En redescendant vers le Musée de la Frite, je m’arrête dans plusieurs boutiques de vêtements et d’accessoires maison: Goûts et Couleurs (pour tous vos besoins de déco intérieur), Twee Meisjes (vêtements très sympas), Ruth (où je découvre les marques Blune, Yerse, et Petite Française). Si vous avez un petit creux, j’ai remarqué quelques cafés pas trop touristiques, tels que Vero Caffè et Li O Lait. Pour déjeuner, Ari recommande  ‘t Vagevuur pour ses plats typiquement belges et Pasta Presto, pour manger des bonnes pâtes pas cher.






Tout comme au Musée du Chocolat, j’acquiers de nombreuses connaissances (plus ou moins utiles) au Frietmuseum, le musée de la frite. Par exemple:
  • La pomme de terre arrive en Belgique des Iles Canaries en 1567
  • Au début, la pomme de terre n’avait pas une très bonne réputation en Europe: comme elle croît sous terre, on pensait qu’elle pouvait être en relation avec le diable.
  • La frite la plus longue mesure 24,5cm de long (record tenu par Patrick Quagebeur, Lille, 2009).
  • Jusqu’au début des années 1900, la friterie ne proposait que des frites, garnies de sel. Les sauces, condiments et boulettes, ne sont venus que vers 1950. La toute première sauce aurait été une sauce à l’oignon.
La boutique du musée vend même de la crème pour les lèvres parfumée à la frite! J’en prend presque une pour Olympe, mais je me dis qu’elle risque de repousser par mal de garçons en portant une odeur pareille! (Remarque, s’ils aiment les frites...)






Bien chargée avec mes achats de HEMA et de Chocolatier Dumon, je prend le train pour Anvers. La gare centrale d’Anvers mérite bien sa réputation d’une des plus belles gares du monde - je vous laisse voir pour vous-même. Après 20 minutes de marche le long de Carnotstraat (qui se transforme en Turnhoutsebaan, pour une raison que j’ignore), je tourne à gauche et me retrouve sur Kattenberg, la rue sur laquelle se situe mon hostel. Je sonne au numéro 110, et je suis rapidement accueillie par Greg, qui tient Abhostel avec sa femme Bridget. Greg me donne une visite complète du hostel, qui est en fait une usine de chocolat reconvertie, et me montre sur un plan les meilleurs restos du quartier. Bref, je n’ai jamais eu un accueil si chaleureux. En plus, toutes les pièces sont décorées avec un goût impeccable: des cartes d’école vintage recouvrent les murs, la table est entourée de chaises dépareillées... Je devrais contacter Marie Claire Maison et leur dire de faire un article sur Abhostel ASAP.

 

 

Dans la salle commune, je fais connaissance de Courtney, une australienne, et de Ian, un canadien d’Ottawa. Courtney n’a pas encore dîné, et je l’accompagne donc à Ecohuis, un eco-café et éco-boutique à deux minutes de notre logement. J’adooooore le concept. Là, elle commande un burger végétarien qui a l’air très bon. On rentre à Abhostel avant de repartir boire un verre à Bar Léon, également à deux minutes. Ian et Courtney se prennent des bières, et, après avoir en vain tenté de demander une Kopparberg, je me replie sur un gin & tonic. Ca, ils ont - mais pour 6 euros. Enfin bon, le g&t est si fort que j’imagine qu’il vaut bien son prix! Bar Léon est très sympa, et je vous le conseille fortement si vous êtes dans le quartier!

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