bruges // day 1



Après trois belles journées à Bruxelles, il est temps pour moi de changer de cadre. JP est assez sympa pour me déposer à la gare centrale - en moto! Comme mes bagages ne consistent que d’un mini cartable Fjallraven et d’un petit sac à main (je voyage de plus en plus léger), on fourre le tout dans un grand sac à dos afin d’éviter que quelque chose s’envole. Je remarque que cela fait exactement dix ans depuis la dernière fois que je suis montée au dos de la moto de mon oncle (la dernière fois, nous étions au Cap Feret, et je me vois encore avec mon appareil dentaire, mes lunettes khakis, mes cheveux en broussaille et ma dégaine de garçon manqué). Et, malgré ma très forte envie de détester ces véhicules bruyants et polluants, je dois admettre que j’adore la sensation de légèreté que le trajet en moto me procure.

Je remercie JP de m’avoir non seulement logée chez lui, mais en plus de m’avoir fait découvrir des endroits sympas et de m’avoir racompagnée à mon départ. Tandis qu’il repart en moto, je me dirige à l’intérieur de la gare, où je trouve facilement mon train vers ma prochaine destination.

Le trajet est très court, et j’arrive à Bruges en un peu plus d’une heure. Après avoir demandé des directions au centre d’informations, je me mets en route vers le centre-ville. Sur mon chemin sont alignées des centaines de maisonettes colorées - elles sont si mignonnes que je ne peux m’empêcher de m’arrêter tous les dix mètres pour les prendre en photo! Tout à coup, l’orage gronde, et, à mon horreur, il se met à tomber des cordes. Par chance, je me trouve tout près de Dille & Kamille, un espèce de Williams Sonoma de goût européen. Maman serait folle de joie. Juste à côté, il y a Rue Blanche, une charmante boutique de vêtements plutôt hauts de gamme.




Je rentre ensuite dans mon premier magasin de chocolat depuis mon arrivée en Belgique: Stephan Dumon. D’après plusieurs bloggers, Dumon vend parmis les meilleurs chocolats du pays (Neuhaus et Leonidas étant deux maisons de qualité comparable). Après de longues hésitations, je finis par acheter un sachet de truffes pralinées, une boîte de créations assorties et une tablette de chocolat noir parfumée à la lavande. Mais bon, j’aurais très bien pu acheter n’importe quoi et je suis certaine que tout aurait été délicieux (sauf les oranges enrobées de chocolat - beurk!).

Le déluge s’est légèrement calmé, et je profite de ce répit pour filer jusqu’à HEMA, le Monop’ de la région. Au début, je fais juste un tour en me promettant de ne rien acheter, mais je cède très rapidement et saisit un panier, que je remplis de cadeaux. Pour Olympe, pochettes, cahier et enveloppes très fun, pour mes colocs, des portes-monnaies et autres babioles, et pour les parents, des spéculos et du pain de seigle. Et moi qui, jusqu’à présent, voyageait on ne peut plus léger!



Bien contente de mes courses, je me dirige vers le
Arentshuis Museum. Malheureusement, l’expo temporaire qui occupe toute les galleries n’est pas du tout à mon goût. Dommage, car c’est un bel espace.

Non loin de l’Arentshuis, je découvre une petite exposition gratuite qui se passe dans une petite maison avec un charmant jardin. Les oeuvres de David de Graef me rappellent l’esthétique douce et fantaisiste de Mark Ryden, mais leurs sujets sont d’autant plus sombres que ceux de Ryden. J’ai la chance de pouvoir observer l’artiste lui même, au travail devant son chevalet. Il me donne même la permission de le prendre en photo.



Au sortir de cette maisonette, je traverse un petit pont qui me mène au pied de l’Eglise de Notre-Dame (Onze Lieve-Vrouw). L’entrée de ce bâtiment est gratuite - c’est seulement pour accéder au minuscule musée (que j’imagine ne doit pas valoir le coup) qu’il faut payer.








Il me reste encore
le Musée Groening (Groeningemuseum), que j’espère s'averer plus intéressant que l’Arenthuis. Et c’en est heureusement le cas. Malgré sa petite taille (Bruges n’est pas une très grande ville, donc c’est compréhensible), le Groeningemuseum expose une belle collection de tableaux, classés par époque. Mes salles préférées sont bien évidemment celles consacrées au siècle dernier. J’aime particulièrement l’ensemble des oeuvres de Marcel Van Maele et Marcel Broodthaers, deux artistes appartenant surréalistes.






Une fois sortie du musée, je me promène dans les rues commerçantes de la ville. Je m’arrête notamment à Juliette’s, une petite boutique de biscuits (leur spécialité est, bien entendu, ceux parfumés aux speculoos). Callebert Design, le Vinçon belge, et Bubbles at Home, une boutique de savons artisanaux, valent aussi le détour, surtout pour ramener des souvenirs sympas. Bruges recèle aussi un bon nombre de galeries d’art, dont la plupart sont malheureusement d’assez mauvais goût (de mon avis - tout est subjectif!). Absolute Art Gallery, par contre, est une super trouvaille. Au moment de mon passage, elle expose Hong Yi Zhuang et Lu Luo, deux artistes contemporaines chinoises. Les oeuvres de Hong Yi Zhuang me plaisent beaucoup: elle travaille avec des centaines de papier de riz colorés pour créer de magnifiques tableaux en relief.









Je passe devant Vismarkt, un marché extérieur qui vend du poisson le matin et de l’art artisanal une fois le stock de poissons liquidés. Arrivée sur la place Markt, j’admire le Beffroi qui, avec ses 48 cloches, dont 47 fonctionnent encore aujourd’hui, est la plus grande boîte à musique du monde. En effet, elle joue toutes les heures un air musical plus ou moins célèbre. J’apperçois également le Palais de la Liberté, la Basilique du Saint-Sang et la Stadhuis qui, construite en 1396, est l’une des plus vieilles mairies du monde.









Je dépose mes affaires au
St. Christopher's Inn Hostel, et après avoir fait connaissance de l’une de mes ‘colocataires’, je resors pour profiter au maximum de cette première journée à Bruges. Je me dirige vers le Volkskundemuseum, le Musée des Arts et Traditions Populaires. Celui-ci est situé tout près de l’Eglise de Jérusalem et du Musée de la Dentelle, que je n’ai pas le temps de visiter mais qui, j’imagine, doivent valoir le coup si vous passez plus longtemps à Bruges. Je passe un très bon moment au Volkskundemuseum, qui me transporte vers le Bruges d'antan. Chaque salle du musée est une reconstruction d’un lieu d’époque. Salle de classe, cordonnerie, tailleur, pharmacien, chocolatier...presque tous les petits business ont leur place! Volkskundemuseum contient même le café ‘De Zwarte Kat’ (Le Chat Noir), où il est possible de commander des boissons et de profiter pleinement du cadre d’époque.








Sur le chemin du retour, je suis attirée par l’appétissante vitrine de la boulangerie Commeine-Leenders Koen Ann. Le pire, c’est qu’à l’intérieur tout est d’autant plus appétissant! Après beaucoup d’hésitation, je commande une patisserie qui ressemble à une espèce d’empenada à la pomme. Quelle bonne idée!

Après un dîner rapide dans la salle commune chaleureuse de l’hostel, je marche jusqu’à la Kruispoort, une des anciennes portes construites à l’entrée de Bruges. Je grimpe ensuite jusqu’en haut de l’un des moulins qui se trouvent juste à côté de Kruispoort - soit le St. Janhuis, soit le St. Koelewei (je ne me souviens plus lequel). Cela me permet d’avoir une belle vue de presque toute la ville. Une fois redescendue, je m’arrête à la Gentpoort, qui remplissait autrefois la même fonction protective que Kruispoort. Une agréable marche le long de la rivière me conduit devant la Poertoren, une tour bâtie en 1401 qui servait à garder les provisions de poudre à canon, et en continuant un peu plus loin, j’atteins Minnewaterpark, un park parcouru de petits canaux. Romantique et paisible.









Sortie de ce havre de paix, je me balade le long de Begijnenvest, jusqu’à atteindre Begijnhof Ten, le béguinage de Bruges. Datant de 1245 et aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce monastère est absolument charmant. Au centre, il y a un carré de verdure où sont plantés plusieurs arbres. J’ai la chance de tomber en plein milieu de la Triennale de Bruges, et c’est pour cette occasion que je peux voir les Tree Huts in Bruges, “une dizaine de cabanes qui semblent veiller sur les visiteurs et les habitants du Béguinage”. Réalisées par l’artiste japonais Tadashi Kawamata, ces “structures inaccessibles suscitent le désir de disposer d’un lieu de refuge et tranquillité”.

Je fais une dernière petite promenade, cette fois dans le Koningin Astridpark, le parc de la reine Astrid. Voilà encore un autre endroit romantique et paisible!








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